Sargasses au Mexique : les hôtels dépensent jusqu’à 30 M$ par an

Engins nettoyant des algues brunes près de Cancún au matin, avec des bateaux collecteurs au large.

Les sargasses au Mexique coûtent désormais entre 20 et 30 millions de dollars par an aux hôtels de la côte caraïbe, face à l’intensification des arrivages en 2026. Le Conseil hôtelier des Caraïbes mexicaines indique que les établissements financent le nettoyage des plages et la protection du sable dans les stations balnéaires du Quintana Roo, notamment à Cancún et Playa del Carmen.

Sargasses au Mexique : la collecte dépasse le total de 2025 dès juillet

Au 30 juillet, le Mexique avait ramassé 96 151 tonnes, davantage que les 92 782 tonnes retirées sur l’ensemble de 2025, d’après les chiffres du gouvernement.

Le ministère de l’Écologie et de l’Environnement du Quintana Roo estime séparément que la collecte de l’État a atteint près de 128 000 tonnes en 2026. Les deux municipalités affichant les volumes les plus élevés sont :

Municipalité Sargasses collectées en 2026
Playa del Carmen 42 942 tonnes
Benito Juárez, qui comprend Cancún 30 454 tonnes

L’Université nationale autonome du Mexique estime que l’enlèvement et la gestion de grandes quantités d’algues peuvent coûter entre 1 et 1,5 million de dollars par kilomètre de littoral chaque année.

Pourquoi ces algues affectent les plages et les visiteurs

Lorsqu’elles s’accumulent en grande quantité, elles peuvent dégager des odeurs, troubler l’eau et dégrader l’aspect ainsi que l’état des plages.

Les sargasses sont des macroalgues flottantes qui nourrissent et abritent la vie marine en pleine mer. Les difficultés commencent quand elles arrivent massivement dans les eaux peu profondes et se décomposent. Ce phénomène réduit l’oxygène dissous et libère du sulfure d’hydrogène, avec des effets possibles sur les herbiers marins et les récifs coralliens.

Depuis 2011, d’importantes proliférations sont apparues dans l’Atlantique tropical, formant une ceinture allant de l’Afrique de l’Ouest aux Caraïbes et au golfe du Mexique. Les courants, les vents, la température de l’eau et les nutriments y contribuent, sans qu’une cause unique n’explique le phénomène.

José Manuel Lastra, président de l’association espagnole d’agences de voyages CEAV, estime que la situation nuit à l’expérience des visiteurs, sans avoir provoqué d’annulations chez les voyageurs espagnols. Il souligne que beaucoup viennent aussi pour les complexes tout compris, les sites du patrimoine maya et les excursions dans la nature, et pas uniquement pour les plages.

Les hôtels interceptent les algues avant leur arrivée sur le rivage

Les hôtels associent des barrières en mer et des bateaux collecteurs à des engins de plage, des équipes sur place et des systèmes de tamisage qui récupèrent le sable piégé.

Palace Company exploite dans les Caraïbes mexicaines un dispositif hybride composé de barrières de confinement et de quatre navires. L’un d’eux, le Nova Harvest, est un catamaran équipé d’un tapis de collecte et de bras réglables selon le volume d’algues présent dans l’eau.

L’entreprise exploite une usine de traitement depuis 2015. Son équipement de tamisage sépare les algues des déchets et du sable, ce qui permet de remettre le sable récupéré sur les plages touchées.

Depuis l’ouverture de l’usine, Palace Company a traité plus d’un million de mètres cubes de matière et remis près de 100 000 mètres cubes de sable sur ses plages. Des chercheurs et des entreprises étudient aussi des usages possibles dans les biofertilisants, les biocarburants, le biogaz, les biomatériaux et les produits de construction.

Le plan gouvernemental prévoit davantage de bateaux, de barrières et de matériel

Le gouvernement mexicain a annoncé plus de 2 milliards de pesos, soit environ 115 millions de dollars, pour une stratégie nationale de gestion.

Le programme prévoit des navires collecteurs, des barrières de confinement et des équipements supplémentaires à Cancún, Playa del Carmen, Puerto Morelos, Tulum et Mahahual. Il prévoit également de traiter les végétaux ramassés pour des usages productifs, plutôt que de tous les considérer comme des déchets.

L’investissement vise une capacité de collecte de 1 870 tonnes par jour en 2026, puis de 4 000 tonnes en 2027. La présidente Claudia Sheinbaum a aussi demandé aux autorités de recenser les pratiques les plus efficaces de confinement et de gestion employées par les hôtels.

L’association hôtelière représentant Cancún, Puerto Morelos et Isla Mujeres a préparé un document technique décrivant les procédures déjà appliquées par ses membres. Ces mesures contribueront à façonner la réponse plus large du gouvernement.

Ce que les voyageurs doivent vérifier avant de réserver

La prochaine date à surveiller est celle des 1er et 2 octobre, lorsque Cancún accueillera une réunion internationale consacrée aux usages durables des algues collectées. Des gouvernements des Caraïbes et d’Amérique latine, des institutions européennes, des organisations financières, des entreprises, des chercheurs et des organisations de la société civile y participeront.

Les voyageurs qui envisagent un séjour centré sur la plage devraient demander à leur hôtel quelles barrières, quels bateaux ou quels dispositifs de nettoyage quotidien il utilise, puis vérifier l’état du rivage avant de réserver. Ils peuvent aussi prévoir des visites culturelles, des excursions nature et du temps dans les installations du complexe, afin de moins subir les effets des algues pendant leur séjour.

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